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Un vent froid secoue énergiquement les branches dépouillées du grand saule qui marque l’entrée du centre équestre. Une voiture blanche, tirant un petit van flambant neuf, semble marquer une brève hésitation avant de s’engager dans l’allée boueuse et chaotique. Sur la grande carrière longeant cette allée, un drôle de garçon un peu efflanqué, occupé à ranger des barres sur le plateau d’un tracteur, lève légèrement la tête en entendant la voiture. Celle-ci stoppe doucement devant l’entrée du club-house.
Un homme descend de la voiture et retient difficilement un juron en constatant que ses chaussures de ville n’ont aucun moyen d’échapper à un sérieux bain de boue ! Il entre dans le club-house. Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvre et une voix féminine appelle :
- Nours ! Viens donner un coup de main à sortir ce poney. Tu l’installeras dans le box qu’on a préparé ce matin, à côté de Pirouette.
Le drôle de garçon brun, les cheveux bouclés comme un ange, laisse tomber la barre qu’il avait soulevée et s’avance lentement, l’air sombre, vers la lice. Il se faufile entre les barrières, sans effort, comme un jeune chat. L’homme est à l’arrière du van maintenant. Il déverrouille la porte et jette un regard anxieux à l’intérieur. Dans moins d’une heure il fera nuit, mais malgré le ciel de neige de ce premier jour d’hiver, Nours distingue nettement la magnifique robe pie-noire d’un grand poney. Pourtant, ce n’est pas ce qui retient véritablement son attention. L’homme a descendu le pont du van mais semble hésiter à grimper dedans. Comme il pose un pied sur le pont, l’animal souffle profondément en baissant la tête, le regard fixé sur la jambe de l’homme qui recule instantanément. Il se tourne vers le garçon et lui dit :
- Vas-y toi, je n’ai pas mes bottes… pendant que tu le descends, je vais sortir la malle de la voiture.
Quelques minutes plus tard, Nours et le poney trottinent ensemble calmement, d’un même pas, autour de la carrière, sans un regard pour l’homme aux chaussures de ville. A leur deuxième passage près du van, l’homme médusé interpelle le garçon :
- Où est son box ? Et la sellerie ?
De la main, Nours indique la sellerie et poursuit son troisième tour avant de s’arrêter enfin devant la porte d’un box, tout au bout de la rangée qui prolonge le club-house.
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15 février 2006
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