J’ai souvent entendu cette question : mon cheval est-il jaloux ? Ou bien j’entends dire « il est jaloux, il s’énerve quand il me voit m’occuper d’un autre cheval… ».
C’est vrai qu’un cheval peut manifester une réaction quand son cavalier préféré s’occupe d’un de ses congénères. Mais ce serait « anthropomorphique » de parler de « jalousie » ! Pourquoi ?
Voilà la définition du mot « jalousie » : « c’est une émotion empreinte d'agressivité envers une personne dont on se figure, à tort ou à raison, qu'elle possède quelque chose que l'on n'a pas et que l'on désire. Par extension, la jalousie est la conséquence de la peur de perdre l'être aimé au profit d'une autre personne - sentiment qui peut être fondé sur l'imagination » (wikipedia).
Sauf que le cheval ne sait pas « se figurer, ni à tort ni à raison, que son congénère possède quelque chose qu’il n'a pas et qu’il désire » ! Il ne sait pas non plus « avoir peur de perdre quelque chose », et encore moins si ce « quelque chose » est aussi abstrait qu’un « sentiment » !
Par contre, on peut facilement rapprocher du cheval la définition du mot « rivalité » : « concurrence, compétition entre deux ou plusieurs personnes qui aspirent, qui prétendent à la même chose ».
En clair, la notion de « rivalité » existe naturellement chez le cheval, au sein du troupeau. La jument dominante par rapport à ses jeunes compagnes, l’étalon qui ne laisse pas approcher un rival de son groupe de juments, les jeunes qui cherchent à prendre la meilleure place devant l’abreuvoir ou lors des repas… Dans le mode de vie que nous lui imposons, il n’a plus vraiment la possibilité de vivre de telles situations. Mais comme nous sommes devenus des « congénères de substitution », Il est normal qu’il reconduise envers nous les rapports naturels hérités de ses ancêtres !
Ce qui peut faire penser à un sentiment de « jalousie », c’est le fait qu’il manifeste cette « rivalité » quand c’est son « cavalier préféré » qui s’intéresse à un copain. C’est juste parce que, lorsque c’est quelqu’un d’autre, il ne le remarque même pas. Cette personne n’a pas plus d’existence pour lui qu’un simple animal à surveiller comme n’importe quel autre. Son « cavalier préféré » est son copain, ou son leader, selon la relation qu’il a réussi à établir. Il est normal qu’il réagisse, soit en voulant « chasser » le concurrent, soit en renonçant à sa position de « chouchou » vis-à-vis de son humain préféré, s’il se sent en état d’infériorité, par exemple, par rapport à l’autre cheval qui a bénéficié des faveurs de son cavalier. Dans ce cas, il va nous ignorer jusqu’à ce qu’on lui « prouve » à nouveau la place qu’il occupe près de nous !
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21 septembre 2007
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