J’ai toujours beaucoup de questions, par exemple le commentaire de Patricia, sur le comportement d’un cheval « agressif » avec l’humain qui veut entrer dans son box… Ce cheval mord sérieusement au moins une fois par mois ! Il s’est donc construit une solide réputation dans son club…
Il n’y a pas de « recette miracle », ça se saurait ! mais une chose est sûre, et Patricia l’a bien compris, ce n’est pas en frappant ce cheval qu’on va lui faire passer ce « défaut ». Comme je l’ai déjà expliqué, que le cheval morde est un comportement naturel chez lui, dans son milieu naturel. Il mord – ou fait mine de mordre – pour intimer le respect à ses congénères ou affirmer une position hiérarchique au sein de son groupe. En clair, si ce geste naturel c’est que ce n’est pas un défaut… Il ne mérite donc pas d’être puni pour cela !
Pour autant, il est évident que nous ne devons pas nous résigner à accepter les morsures d’un cheval qui, non seulement peuvent être parfois douloureuses pour nos fragiles épidermes, mais en plus laisseraient penser à ce cheval que nous sommes hiérarchiquement inférieurs, avec les conséquences que cela aurait dans notre relation quotidienne avec lui, surtout en termes de sécurité pour nous.
Alors oui, comme le dit Patricia, il faut faire preuve de subtilité… Mais c’est aussi ce qui est passionnant ! Pour maîtriser la subtilité nécessaire à cette situation, il faut bien sûr commencer par comprendre le comportement du cheval. C’est cette connaissance qui va nous permettre d’utiliser des « codes » compréhensibles par le cheval pour lui « expliquer » d’une part que nous n’acceptons pas qu’il nous morde et surtout qu’il n’a pas « besoin » de le faire parce que les rôles entre lui et nous seront suffisamment bien définis, établis et mutuellement acceptés.
La première notion à comprendre si nous voulons le respect de notre cheval, entre autres :
- qu’il ne nous morde pas parce que nous ne sommes pas un jeune poulain « fou-fou » à remettre à sa place comme il le ferait dans son troupeau…
- ou encore, que si nous venons dans son box, autrement dit si nous entrons « chez lui », ce n’est pas pour empiéter sur son espace vital (la « bulle » que chaque cheval défend instinctivement), c’est pour lui apporter : caresses, nourriture, soins, confort, distraction, etc. donc que des choses agréables pour lui !
Donc, si nous voulons le respect de notre cheval, il faut commencer par lui faire comprendre que nous sommes « respectables » !!!
Si nous sommes respectables, nous l’exprimons déjà par tout un langage gestuel compréhensible pour lui. Et nous le manifestons surtout en étant comme les vieilles juments ou les étalons du troupeau, plein de savoirs et de compétences utiles à sa sécurité, son confort, son plaisir.
Il faut savoir aussi que ce statut de « congénère respectable » sera régulièrement remis en cause par notre compagnon. Autrement dit, chaque fois que nous serons pris en défaut en commettant une erreur, il nous faudra regagner sa confiance, son respect !
Une chose est sûre, le respect est et doit être réciproque. Montrons-nous respectables mais aussi : faisons-le savoir ! Sans brutalité mais avec la fermeté que la vieille jument montre à ses congénères. Cette fermeté s’exprime déjà par notre propre conviction. Je veux entrer dans le box ? Je suis polie en le prévenant de mon intention, et je n’hésite pas : je l’affirme en me tenant bien droite, en me grandissant dans mes bottes, en ayant un ton de voix résolu, et mes gestes sont précis. Au premier signe d’acceptation du cheval, je récompense d’une caresse accompagnée d’un mot gentil et d’un sourire. Oui, le sourire est important (je vous expliquerai une autre fois…). Puis je sors sur ce premier résultat positif, même s’il n’a duré qu’une seconde. La prochaine fois, je caresserai un peu plus longtemps avant de sortir. En quelques jours, le cheval aura compris que ma présence chez lui n’est pas une menace, mais au contraire un moment agréable et il l’acceptera.
Quand on s’impose en levant la main sur le cheval, il se peut qu’il nous laisse entrer. Mais il faut savoir qu’il trouvera toujours une occasion de nous le faire payer… Et surtout, le ré-apprentissage n’en sera que plus difficile !
Pareil si on ne s’impose jamais…
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:
23 juillet 2007
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