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Tant que les pages s’affichaient sur l’écran de mon ordinateur, j’avais l’impression que le poulain dormait tranquillement dans son pré ! Je pouvais le voir en ouvrant la fenêtre, et je ne m’en privais pas, retouchant un mot, rajoutant une virgule ou quelques lignes.
Ce qui devient difficile, c’est de se décider à écrire le mot « Fin » ! Curieuse sensation… un peu comme lorsqu’on part en voyage. N’a-t-on rien oublié dans la valise ? Pull ou tee-shirt ? Les deux... non, pas possible, l’éditeur a donné un cadre, on ne peut pas partir avec mille pages, même si c’est au moins ce qu’il faudrait pour dire ce que l’on a dans la tête !
Serrement de cœur, le jour où le fichier quitte le pré carré de mon écran. Il est parti chez l’imprimeur, flashé, déposé sur plaques métalliques, pressé par les rotatives bruyantes, empilé en lourds cubes de papiers sur lesquels les pages sont couchées tête-bêche et en désordre ! Brrr… tant de travail pour ça ?
Pliage, massicot, piles, odeur de colle, brochage… et le premier exemplaire de ce qui ressemble enfin à un « livre » !
Et ce premier exemplaire tour à tour entre les mains des fidèles supporters des premières heures… quelle joie !
Passer lentement devant la première vitrine où il se présente, trembler un instant en imaginant le premier acheteur, le premier lecteur… que va-t-il penser, aimera-t-il, ne sera-t-il pas déçu ?
Bonheur des premiers mails, des premiers articles de presse, des premières signatures, des premiers échanges avec les lecteurs !… Pouvoir enfin penser que j’ai fait un peu pour que le cheval puisse être regardé autrement, mieux compris, mieux aimé ! Aussi que les lecteurs vivront de meilleurs moments avec leurs compagnons en sabots…
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9 juillet 2005
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