Je crois qu’il est maintenant entré dans les esprits de (presque) tous que l’on ne peut se contenter de comportements autoritaires, encore moins brutaux, avec les chevaux qui contribuent à nos loisirs. Ouf ! Ca en aura pris du temps…
Pour autant y a-t-il vraiment matière à se réjouir de se qui se passe concrètement sur le terrain, que ce soit dans les clubs, les concours, etc. ? Je vois souvent deux types de comportements qui sont des dérives d’une « éthologie » détournée ou mal comprise.
L’éthologie détournée, c’est une exploitation manipulatrice de certains comportements du cheval révélés par la connaissance que l’on en a. Un peu comme si je découvrais que mon compagnon a une peur phobique des araignées et que, pour obtenir sa soumission, je lui montre une boite contenant la bestiole et menace de l’ouvrir au moindre écart ! Plus besoin de violence verbale ni de brutalité physique, la pression mentale permanente induite par la connaissance de sa phobie est suffisante.
Même si, de cette façon, nous sommes loin d’une relation douce et de confiance…ça marche ! Jusqu’au jour où, par étourderie par exemple, j’oublierai l’araignée. Là, je risque de payer d’un seul coup l’accumulation des peurs et des retenues passées !!!
L’éthologie mal comprise, si elle n’est pas perverse et part très souvent du meilleur sentiment, n’en reste pas moins risquée. Je prendrais l’exemple de la confusion qui peut être facilement faite entre « écoute » du cheval et « anthropomorphisme ».
Ecouter le cheval, ce n’est pas lui prêter nos pensées, nos sentiments, nos rêves… Un cheval est un cheval, pas un compromis d’humain et de cheval. Le centaure est un mythe, une légende ! (même si c’est dommage…).
Faire cette confusion conduit souvent le cheval à prendre petit à petit une forme d’ascendant sur le bipède, qu’il sera difficile ensuite de faire disparaître. Or, même sans « méchanceté » de sa part, une pointe de domination associée à ses 4 ou 500 kg, peuvent nous poser de sérieux problèmes.
L’éthologie (la vraie), je le rappelle, c’est une science. Elle permet la connaissance du comportement de l’animal (nous compris), dans son milieu naturel. Nous ne sommes pas tous des scientifiques, pas plus que nous ne sommes des historiens ou des géographes. Mais, comme on peut apprendre l’histoire et la géographie, il est possible d’apprendre à mieux connaître le cheval.
Cet apprentissage permet d’établir une meilleure relation avec le cheval. Mais comme il ne suffirait pas d’apprendre (même par cœur) un manuel de géographie pour connaître le monde, il faut aussi écouter, observer, chercher à comprendre nos chevaux pour établir cette relation de façon durable, une relation qui se tisse sur le respect et la confiance réciproques.
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6 mai 2007
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